Objets Interfaces « MO »
Études de cas
« Interlude » est un projet de recherche qui explore de nouveaux moyens d’expression musicale à l’aide d’interfaces gestuelles. C’est un modèle nouveau pour le design qui plonge ainsi au cœur de la recherche et propose du « nouveau ».
L’un des principaux enjeux du projet est de renouveler les manières d’interpréter et de jouer les musiques électroniques et informatiques. Le projet est centré sur des nouveaux principes d’interaction utilisant les gestes, les mouvements du corps, le toucher, en privilégiant des usages collaboratifs.
Une partie du projet se concentre sur la conception d’objets modulaires « à terminer » et « à composer » laissant un possibilité d’adoption large au utilisateur. Ces objets sont des interfaces tangibles qui capturent un large éventail de gestes et d’actions. Les interfaces peuvent être assemblées en réseaux d’objets connectés sans fil afin d’en modifier l’usage. Le concept clé est de laisser les utilisateurs (dé)terminer la fonction musicale des objets, par l’assemblage, la postproduction de l’objet. On peut ainsi connecter ces objets-interfaces sans fil avec des objets de tous les jours, des instruments de musique existants ou bien imaginer toutes sortes de « bricolages » pour créer des instruments de musique inédits.
Le projet porte également sur les usages musicaux de tels objets. Des logiciels d’interactions musicales sont spécialement développés et associés à ces objets afin que les utilisateurs puissent interpréter physiquement des musiques électro-acoustiques ou ré-interpréter des enregistrements existants. Le système analyse les gestes et répond à de fines variations, permettant l’expressivité musicale. Nos recherches sont portées par toutes sortes de métaphores musicales ou extra musicales, pouvant être inspirées par exemple par la direction d’orchestre, les DJ, ou encore par des jeux de balles.
Le projet concerne également la représentation dynamique de partitions et d’interprétations de musiciens : par exemple la visualisation d’éléments musicaux et sonores, des gestes, des cinématiques du corps. Les systèmes d’objets incorporent des « displays » dans l’interaction même (par exemple avec des picoprojecteurs) afin d’éviter d’être enfermé par un écran d’ordinateur comme dans les jeux vidéo.
Le consortium réunit des centres de recherche sur la musique (Ircam et Grame), un facteur d’instruments dédiés aux arts numériques (Dafact), une entreprise spécialisée dans les jeux vidéos (Voxler), une école de musique (Atelier des Feuillantines) et une agence de design numérique (NoDesign). Une particularité du projet est d’avoir accordé un rôle clé aux designers dans le processus de recherche et de conception. Les développements font l’objet d’expérimentations dans des cadres de pédagogie musicale, d’usages réels et de pratiques musicales amateurs et de haut niveau.
Étude de cas publiée dans l’Annuaire des agences de design numérique, avec l’aimable autorisation de NoDesign.
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