SYLVIE DAUMAL — DIRECTEUR UX

 
« La grande difficulté de ce métier, c’est qu’il faut combiner des aptitudes a priori contradictoires. »
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Un métier encore émergent et déjà très recherché

Émergent d’abord, parce que dans certains secteurs d’activité, il vient juste d’être adopté. Il suscite encore des interrogations et les avancées restent prudentes. Mais très recherché aussi, parce que dans les secteurs qui l’ont intégré depuis plus longtemps, il y a de plus en plus d’offres et pas assez de candidats. Il suffit de regarder les job boards spécialisés (comme uxjobs.fr) pour en prendre la mesure.

On manque surtout de professionnels confirmés et il faudra quelques années pour que les juniors d’aujourd’hui viennent grossir le rang des seniors. Ailleurs en Europe, dans les pays qui ont adopté la discipline bien avant la France, comme le Royaume-Uni ou l’Allemagne, le besoin est plus criant encore. Cela laisse penser que la tendance ne devrait pas s’inverser avant un certain temps.

 

La qualité première d’un UX designer ?

Il n’y a pas une qualité première : la grande difficulté de ce métier, c’est qu’il faut combiner des aptitudes a priori contradictoires. Il faut être synthétique, ne jamais perdre de vue l’ambition du projet, tout en sachant l’incarner dans le moindre détail de l’interface. Il faut écouter, observer, analyser, raisonner, être dans l’empathie et déduire de façon logique, tout en faisant preuve de créativité, être dans l’irrationnel et imaginer. Il faut organiser et animer des séances de créativité, mais aussi prototyper et mener des tests utilisateurs. Tenir le devant de la scène et savoir se faire oublier en coulisses. On peut jeter des croquis rapides sur le papier, mais il faut aussi affiner certains livrables au pixel près. Impossible pour un(e) débutant(e) de maîtriser tous ces aspects.

Chaque candidat(e) a ses forces et ses faiblesses, qui peuvent être interprétées comme un potentiel, d’ailleurs… Aujourd’hui, même les profils juniors peu expérimentés postulent avec un portfolio. Ce document reflète bien leur personnalité et permet d’évaluer la qualité de restitution de la pensée et la démarche de design. L’entretien, ensuite, va évaluer d’autres traits de caractère : l’envie d’apprendre, l’aisance à échanger et à travailler en groupe, la capacité à faire, à tester puis à refaire… Se pose aussi la question de l’intégration à l’équipe existante. Des qualités complémentaires à celles des designers en place seront un gage de richesse et d’excellence.

 

Un métier entre perpétuelle évolution et fondations intangibles

Notre époque connaît des changements extrêmement rapides sur tous les fronts : technologies, usages, économie, etc. De ce fait, nos sujets ne cessent d’évoluer : il y a quelques années, nous concevions des sites web, des bornes et des automates, puis nous avons été sollicités sur les applications mobiles et tablettes, abordées dans une approche plus globale, en se posant la question du cross-canal et en s’inspirant du design de service. Aujourd’hui, nous nous occupons d’objets connectés, de lieux et d’écosystèmes complexes. Demain, ce seront les robots, les objets que l’on porte (wearables) ou d’autres choses qu’on ignore encore.

Les comportements changent aussi et il a fallu développer tout un arsenal pour étudier et comprendre les utilisateurs. Les méthodes de recherche se sont diversifiées et intensifiées, aujourd’hui elles sont systématiques et il arrive qu’on soit accompagnés dans cette phase de professionnels experts : anthropologues et ethnologues.

Ce qui nous permet d’avancer dans ce con-texte mouvant, c’est la philosophie du design qui nous sert de guide. Le détail de la méthode évolue, mais les principes sont éprouvés et inchangés. La leçon que j’en tire, c’est qu’il faut apprendre à avancer en dehors de notre zone de confort. Il faut aussi développer le goût de la collaboration pluridisciplinaire et s’appuyer sur d’autres expertises : travailler avec les autres métiers du numérique (développeurs, chefs de projets, directeurs artistiques, etc.), mais aussi avec les designers industriels, les designers produit, les architectes, etc.

 

Des sujets qui rejoignent les grands enjeux économiques et sociétaux

Il n’y a pas une qualité première : la grande difficulté de ce métier, c’est qu’il faut combiner des aptitudes a priori contradictoires. Il faut être synthétique, ne jamais perdre de vue l’ambition du projet, tout en sachant l’incarner dans le moindre détail de l’interface. Il faut écouter, observer, analyser, raisonner, être dans l’empathie et déduire de façon logique, tout en faisant preuve de créativité, être dans l’irrationnel et imaginer. Il faut organiser et animer des séances de créativité, mais aussi prototyper et mener des tests utilisateurs. Tenir le devant de la scène et savoir se faire oublier en coulisses. On peut jeter des croquis rapides sur le papier, mais il faut aussi affiner certains livrables au pixel près. Impossible pour un(e) débutant(e) de maîtriser tous ces aspects.

Chaque candidat(e) a ses forces et ses faiblesses, qui peuvent être interprétées comme un potentiel, d’ailleurs… Aujourd’hui, même les profils juniors peu expérimentés postulent avec un portfolio. Ce document reflète bien leur personnalité et permet d’évaluer la qualité de restitution de la pensée et la démarche de design. L’entretien, ensuite, va évaluer d’autres traits de caractère : l’envie d’apprendre, l’aisance à échanger et à travailler en groupe, la capacité à faire, à tester puis à refaire… Se pose aussi la question de l’intégration à l’équipe existante. Des qualités complémentaires à celles des designers en place seront un gage de richesse et d’excellence.

 
  
« L’UX est un vrai facteur différenciateur dans un contexte économique qui requiert de l’agilité. »
– Point de vue de recruteur : Emmanuelle Rasse, responsable recrutement
 
Guide des métiers du design interactif – 160 pages
*designers interactifs* et Aquent s’associent pour la sortie d’un ouvrage dédié aux métiers et à l’emploi du design interactif en France. Cet ouvrage est le fruit d’une réflexion entre une association professionnelle et une agence de recrutement. Il propose une vision inédite de quatre métiers : l’UX design, le design d’interfaces, le design d’interactions et le design de services.
 

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