Petite histoire illustrée du design interactif (3/6)
Actu – 21 novembre 2013
RSS3e partie : La naissance de l’interface graphique grand public et de l’informatique personnelle
Les interfaces de jeu comme celle de Pong en 1972 et la dernière mise à jour du système d’exploitation de Windows, « 8 » n’ont a priori rien en commun. Ils partagent pourtant une histoire commune, près de 40 ans d’évolution des interfaces graphiques, de leurs modèles et de leurs usages. Cette histoire est jalonnée de nombreuses étapes.
Les premiers systèmes d’exploitation
Si les premiers ordinateurs n’avaient pas, à proprement parler de systèmes d’exploitation, les premiers systèmes en temps partagé datent du début des années 1960. Le pionnier d’entre eux était le CTSS et fonctionnait sur un ordinateur IBM en 1961. En 1981, IBM sort le premier ordinateur personnel, le PC. Il est opéré sous « MS-DOS », acronyme de Microsoft Disk Operating System. C’est le premier système d’exploitation de type DOS développé par Microsoft. Sa particularité est de supporter les disquettes. Il est mono-tâche et mono-utilisateur, et est équipé par défaut d’une interface en ligne de commande.
Aujourd’hui, Android, Windows et Apple sont les trois principaux fournisseurs de systèmes d’exploitation, avec des caractéristiques et des usages propres. Windows 8, le dernier né de la firme de Bill Gates présente la caractéristique de disposer d’une interface de démarrage composé de tuiles, faisant la part belle à l’expérience tactile. Apple de son côté a récemment mis à jour son système d’exploitation « OS X » (Operating System numéro X), dont la dernière version se nomme « Mavericks ».
Ces systèmes d’exploitation font partie de la quatrième génération, dit « en temps-réel ». Leur objectif principal est de répondre à la demande de l’utilisateur dans un délai déterminé. Chaque action doit être réalisé dans un temps qui lui est imparti. Ces systèmes ont également la particularité de favoriser le développement de logiciels multiples. Ils sont, par ailleurs, bien souvent utilisés sur des ordinateurs ayant plusieurs coeurs afin de pouvoir répondre à n’importe quelle demande, même à la volée
Xerox PARC, Apple et les premières interfaces graphiques commerciales
Influencées par Sketchpad, les premières interfaces graphiques destinées à une exploitation commerciale vont rapidement faire leur apparition dans le courant des années 1970. Dynabook, par exemple est un projet d’ordinateur portable à destination des jeunes enfants et ayant un usage récréatif. Il est commercialisé en 1972. L’année suivante, Xerox Alto marque l’époque en intégrant la première souris auprès du grand public. C’est également la première fois que la métaphore du bureau est utilisée.
Enfin, en 1981, Xerox Star présente l’innovation d’un affichage Bitmap, une interface graphique en fenêtres avec des dossiers que l’on peut classer ainsi qu’une souris à deux boutons. L’interface, dont l’intuitivité a été particulièrement travaillé, était fondée sur le principe d’objets à sélectionner avec la souris et un curseur sur l’écran.
À la fin des années 1980, Apple va rendre les interfaces accessibles au grand public en les simplifiant. Déjà, à la commercialisation d’Apple I en 1976, l’ordinateur présente la particularité de ne pas être vendu en kit mais se compose uniquement d’une carte assemblée de l’ensemble des composants électroniques. Apple Lisa, en 1982, s’inspire du travail de Xerox avec une souris et une interface graphique optimisée afin de faciliter le travail sur ordinateur. Enfin, c’est le Macintosh avec une interface graphique plus aboutie qui, en 1984, va permettre à Apple de rencontrer le premier succès commercial. Ce succès favorisera le développement du paradigme WIMP (« Windows, Icons, Menus and Pointing Device »), qui émerge à cette date.
Les disruptions du logiciel
Depuis peu, on observe une réelle rupture dans la façon de consommer ces interfaces et ces systèmes d’exploitation puisque nous les utilisons désormais comme des machines permettant simplement d’optimiser des logiciels. Ceux-ci sont en passe de bouleverser le mode de consommation même d’Internet et du web, en l’enfermant peu à peu dans des systèmes fermés. Citons, par exemple, iTunes qui a considérablement modifié notre façon d’écouter de la musique depuis l’invention de l’iPod en 2001, AdWords, le logiciel de Google qui révolutionne les métiers de la publicité en ligne ou encore le Kindle les métiers de l’édition.
Toutes les industries vont être concernées par la voracité du logiciel, y compris celles dont la composante matérielle est irréductible. Cette disruption est corroborée par le succès des applications diverses et variées. Citons notamment Uber dont le service de chauffeur privé a connu un succès quasi-instantané par le biais de son application. L’univers des transports n’est pas le seul concerné, puisque les banques, via le crowfunding ou le tourisme via AirBnb agrandissent considérablement le marché. D’autres secteurs comme l’éducation ou la santé, qui peuvent sembler moins enclins aux lois du marché sont eux aussi, en passe de vivre cette révolution (l’e-santé est en plein boom). À la clef de ces innovations, des milliards d’euros de réduction des dépenses publiques réalisables.
Partie 4 : La démocratisation des usages du numérique, un lent processus à lire ici.
