*di*/zaïn 19 : trois questions à Franck Ancel, artiste numérique
Actu – 5 décembre 2014
RSSFranck Ancel explore, entre autre, la numérisation avec des créations post-scénographiques, autour d’un « Global Poétique Système ». Il interroge tant le visiteur que le spectateur, par un prisme créatif, hors des frontières, en projetant via des écrans, une mise en réseaux de données post-médiatiques. Cela trace une ligne de crête depuis les avant-gardes artistiques du siècle dernier jusqu’aux récentes mutations de la création contemporaine à l’échelle planétaire. Sa coordination de la rétrospective du scénographe Jacques Poliéri à la Bibliothèque nationale de France, ses multiples communications ou divers commissariats, naviguent entre théorie et pratique, du champ culturel à l’art d’aujourd’hui. Certaines de ses oeuvres font parties de collections privées et il produit également des multiples en édition limitée à 27 exemplaires. Sa vision respire ainsi une intacte jeunesse, en face de l’authenticité de certains êtres et espaces, toujours en mouvement.
Qui êtes-vous ?
Je suis un artiste, théoricien et commissaire qui produit ses oeuvres depuis 27 ans. Je pratique quotidiennement la méditation depuis quelques temps comme une ouverture à l’espace. Je prépare actuellement une candidature pour l’obtention d’une résidence à la villa Kujoyama à Kyoto qui repose sur mon désir de connecter cette pratique traditionnelle avec une oeuvre contemporaine. Et dans cette perspective, je multiplie les demandes de soutiens et les échanges de collaborations.
Comment avez vous eu l’idée du projet que vous présentez à *di*/zaïn ?
Même si Deserto Rosso est une application-création qui s’inscrit dans le champ de l’art contemporain sans être une visualisation de données elle n’en est pas moins une invitation à expérimenter nos limites à l’heure des réseaux sociaux après Fukushima. A la différence des romanciers Daniel de Roulet et Michaël Ferrier qui ont écrits de magnifiques livres sur cette catastrophe, « Deserto Rosso » est un témoignage impossible, par-delà les mots, qui s’est imposé à moi comme une vague artistique. Quelques semaines après le 11 mars 2011, j’ai juste tenté de mettre en jeu les mots de Michelangelo Antonioni de 1981 avec Ce problème de l’adaptation, je l’ai déjà traité dans « Deserto Rosso », je viens de le dire, l’adaptation des personnes aux nouvelles technologies. À l’époque nous avons parlé de l’air pollué.
Qu’allez-vous faire après la soirée ?
Nous poursuivons avec l’entreprise Intersection Lab l’idée d’une nouvelle mise à jour de « Deserto Rosso », compatible avec d’autres systèmes, et l’intégration d’un texte du philosophe Jean-Luc Nancy qui pourrait être lancée le 11 mars 2015 à Paris lors d’une exposition à la galerie Planète Rouge à Paris, pour ensuite la présenter dans d’autres villes.
