Être avec les robots humanoïdes. Relation. Réciprocité. Réceptivité ?
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Dans le cadre du 4è numéro de la revue Interfaces Numériques, co-dirigé par Didier Tsala Effa & Stéphanie Walsh Matthews, nous lançons un appel à communication sur le thème : « Être avec les robots humanoïdes. Relation. Réciprocité. Réceptivité ? »
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« Être avec les robots humanoïdes. Relation. Réciprocité. Réceptivité ? »
On a cru et on continue de croire qu’une relation homme-robot humanoïde sera à même de satisfaire l’ensemble des exigences d’un véritable rapport humain : accompagner, partager, assister, converser, discuter, etc. C’est un point de vue partagé y compris par les spécialistes les plus éminents du domaine : « Pendant longtemps, les robots ont été cantonnés dans les usines. Depuis quelques temps, on les envoie sur des planètes, ou dans les fonds sous-marins : là où l’homme ne pourrait pas aller. Mais ce qui est nouveau aujourd’hui, c’est qu’à relativement court terme des robots vont faire partie de notre environnement quotidien. Il faut dès maintenant envisager de partager notre vie quotidienne avec un robot » souligne Jean Paul Laumond, spécialiste de la robotique humanoïde, titulaire de la chaire Innovation technologique Liliane Bettencourt au Collège de France. Pourtant à l’épreuve, bien qu’élaboré à l’image de l’homme, à partir de ses attributs physiques et pour la manifestation d’une intelligence proche, il reste que le robot humanoïde demeure, de façon permanente, au rang du simulacre. En d’autres termes, si l’abondance des recherches en informatique et en mécanique ne fait aucun doute quant à l’enthousiasme des développeurs industriels pour en faire un véritable « compagnon », il reste néanmoins à en valider la portée au plan proprement dit de leur appropriation par l’humain.
La robotique humanoïde, par ses avancées toujours innovantes et par une technologie toujours aussi astucieuse est à même, de plus en plus, de simuler l’humain. Jusqu’à quel point y parvient-elle à ce jour ? Quels types de relations véritables sont possibles ? Ou tout au moins quelles véritables relations à l’homme seraient à l’œuvre ? Cette question est préalable et à l’évidence fondamentale.
D’autre part, le robot humanoïde, fut-il ainsi, n’en est pas moins autre, surtout dans sa part étrange, inhabituelle ; celle qui ne cesse de soumettre au Unheimlich, selon la traduction qu’en donne par exemple Ernst Jentsh, auteur de Zur Psychologie des Unheimlichen, à savoir ce doute « suscité soit par un objet apparemment animé dont on se demande s’il s’agit réellement d’un être vivant, soit par un objet sans vie dont on se demande s’il ne pourrait pas s’animer ». Comment donc être avec des choses inhabituelles, grotesques souvent, fussent-elles « intelligentes » ? À quelle réceptivité s’offrent-elles ? Ou à l’inverse, quelles formes de réceptivité supposent-elles de la part de l’humain ?
Avec l’objectif de comprendre en profondeur le rapport - intelligent, émotionnel, social, mécanique, etc. - homme-robot humanoïde, ainsi que les enjeux de différentes sortes, anthropologiques, économiques, philosophiques et notamment éthiques et sémiotiques, qui l’entourent, la revue Interfaces Numériques lance un appel à contributions pour des propositions qui mettent en valeur les idées de relation, de réciprocité et de réceptivité du rapport robot humanoïde et humain. Quelles définitions ? Quelles conditions/contraintes dans l’interaction ? Quelles formes et quels modes d’existence ? Etc.
Il s’agira de questionner les travaux menés jusqu’alors, associant tant les recherches fondamentales en sciences humaines et sociales, en ergonomie, en science de l’information et de la communication que les recherches appliquées à destination des industriels. Vers quelles projections aussi bien au plan conceptuel, qu’au plan de l’exécution en terme de design (esthétique, sonore, etc.) s’oriente-t-on aujourd’hui ? Quel travail, quel retravail envisageables sur ces robots en tant qu’interface formel, numérique ?
L’appel est ouvert aux chercheurs de toutes les disciplines des Sciences Humaines et Sociales ainsi qu’à ceux des Sciences de l’Information et de la Communication. Une rubrique est particulièrement réservée aux jeunes chercheurs, y compris aux doctorants et jeunes docteurs qui s’intéressent à ces questions.





