LAURENT PIERRE, DIRECTEUR DE CRÉATION DIGITALE

 
« Il y a un objectif de séduction dans le rôle du directeur de création digital. »
— Laurent Pierre, directeur de création
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Quelles études et formations avez-vous suivies pour devenir DC Digital ?

Après un baccalauréat professionnel en définition de produits industriels, j’ai opté pour une formation en communication visuelle à l’école Brassart de Tours. Je suis tombé dans le digital par hasard, directement recruté depuis l’école. Diplômé fin juin, je commence le 17 juillet : un bouquin sur le web design, un wireframe, une résolution 800 x 600.

Comment avez-vous débuté dans ce métier ?

Ma première expérience avec le digital commence en 2000 en rejoignant KeenVision, première web agency de Sqli, en tant que webdesigner. Cinq ans plus tard je deviens directeur artistique et j’accompagne de belles marques sur le digital, qui se résume à l’époque à des sites web institutionnels ou événementiels.

En 2005, je m’installe comme designer graphique free lance, je reviens à l’expression visuelle multi-supports web mais aussi papier, je retrouve les bases un peu perdues du graphisme avec le digital.

C’est aussi une période où je réalise beaucoup de projets en Flash. En 5 ans (2005-2010) le digital se transforme, il passe du web statique au web participatif, l’app store s’apprête à révolutionner les usages, je m’intéresse de plus en plus à une approche « servicielle » dans mes conceptions visuelles et interactives.

Début 2010, Niji (entreprise de service du numérique) monte son offre design de services et constitue une équipe de designers. Je rejoins l’équipe pour créer le poste de directeur artistique, un an plus tard je deviens directeur de création digital et encadre une équipe de dix designers (ergonomes, directeurs artistiques et développeurs front-office).

 

Quelles sont vos missions ? Quel est votre rôle auprès des équipes ?

La création est une matière instable, qui suscite sans cesse des débats, implique tous les métiers et anime les points de vue, à tout moment ! Mon rôle est de l’amorcer, la canaliser, la valider et de la livrer dans un contexte défini avec l’ensemble des équipes du projet.

La première mission, transverse à tous les projets, est de faire en sorte que la création se réalise dans et par une méthodologie design. Les bonnes questions doivent être posées, les objectifs et enjeux du projet bien compris. J’accompagne les équipes dans le bon déroulement du processus de création, je matérialise et écris les convictions, les arguments, définis l’histoire qui permettra de défendre la création et ses partis pris.

Il y a un objectif de séduction dans le rôle du directeur de création digital, auprès du client et des commanditaires du projet, mais également un rôle important de porteur et défenseur d’une vision d’entreprise, d’une méthodologie centrée utilisateurs et du métier de designer.

Au quotidien, auprès des équipes du projet, je prends le brief, le restitue, oriente les recherches, valide les convictions et la stratégie de réponse design, j’oriente et valide les pistes de création, les argumente et les défends oralement en soutenance projet. Auprès de mon équipe, j’accompagne l’évolution de chacun dans l’entreprise, réalise les entretiens de recrutement, gère le planning et le suivi des tâches.

 

Quelles sont les compétences et qualités nécessaires pour exercer ce métier ?

Le directeur de création digital est avant tout un designer. Il a la responsabilité d’organiser des recherches, de dessiner une idée, de trouver un concept, de lire et réécrire les briefs, de travailler la matière numérique, interactive et graphique.

La compréhension de l’ensemble de la chaîne digitale, la connaissance des enjeux et du fonctionnement de chaque métier sont indispensables pour piloter et encadrer la création digitale par le design.

La création se doit d’être collective ! Première qualité : rassembler les compétences et fédérer les idées autour d’un projet. Un directeur de création doit faire traduire les idées en termes de business, en passant par le marketing et les experts des technologies. Deuxième chose indispensable, la création digitale ne peut et ne doit se faire qu’au service de l’expérience et des attentes utilisateurs dans un contexte d’usage précis.

Piloter la création c’est aussi l’incarner, il faut donc être créatif, ne pas avoir peur de se planter, être dans la culture du faire, s’inspirer, copier, organiser des débats, confronter les idées, partager, toujours remettre en question une pensée, une idée.

 
  
« Le design d’interfaces couvre désormais une diversité de besoins. »
– Point de vue de recruteur : Ludivine Réaut, team leader, Aquent
 
Guide des métiers du design interactif – 160 pages
*designers interactifs* et Aquent s’associent pour la sortie d’un ouvrage dédié aux métiers et à l’emploi du design interactif en France. Cet ouvrage est le fruit d’une réflexion entre une association professionnelle et une agence de recrutement. Il propose une vision inédite de quatre métiers : l’UX design, le design d’interfaces, le design d’interactions et le design de services.
 

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