Retour sur la soirée *di*/zaïn 17 « Exploration(s) »
Actu – 22 octobre 2014
RSSHier soir a eu lieu la première soirée de la troisième saison des soirées *di*/zaïn et le moins que l’on puisse dire, c’est que nous avons fait honneur au thème : Exploration(s). Nous avons exploré, déchiffré, découvert, avons vogué vers l’inconnu, vers l’infiniment petit et vers l’infiniment grand. Nous avons exploré l’espace, les mathématiques ou encore l’Openlab. Un début de saison prometteur inauguré par un nouveau générique, un nouveau présentateur et une nouveauté : les soirées *di*/zaïn seront, cette année, plus itinérantes que jamais. La suite à suivre dans quelques jours.
Des paradoxes et des hommes
Sylvie Tissot, passionnée d’informatique était notre première invitée, hier soir, à cette 17e édition des soirées *di*/zaïn. Elle nous a présenté trois projets. Le premier sur le thème de l’expression dynamique des sujets autour d’une peinture interactive. Le second, porté sur le paradoxe et « la ritournelle des menteurs ». Son outil, nommé ainsi, fait écho à la théorie des groupes cycliques connue des mathématiciens. Son postulat d’origine est simple : l’informatique repose sur des 1 et des 0, elle reposera son énoncé sur deux postulats différenciant : je mens ou je dis la vérité. Deux co-fondateurs de l’OpenLab, Arthemis Llamosi et Vladimir Hermand nous ont raconté leur projet. L’un plus artiste, l’autre plus scientifique, ils nous ont narré leur vision de cet open lab, dont l’objectif est de favoriser les synergies entre les disciplines, de créer des ponts entre art, science et technique.
« L’espace, ce sont beaucoup de technologies mais ce sont aussi des histoires minuscules passionnantes. »
C’est par cette entrée en matière, que Gérard Azoulay, du CNES a début sa narration, sa vision de l’exploration spatiale. Pour lui, l’espace est un matériau protéiforme racontant l’histoire souvent oublieuse des avancées techniques. L’idée fondatrice est de réactiver un imaginaire collectif enfoui mais pourtant bien présent. À la suite de cette intervention, Geoffrey Dorne nous a présenté son regard sur la thématique du mois avec comme question initiale : et si un designer, c’était avant tout un explorateur, quelqu’un qui allait vers l’inconnu ? Et si, pour designer, ne faut-il pas, avant tout, se perdre ?
Breaking news : les plans de la Tour Eiffel sont disponibles en OpenSource
Cette nouvelle, qui pourrait inspirer bien des vocations est ce qui a été à la base du travail d’Edoardo Cecchin. Il est venu nous parler d’un projet passionnant qu’il a réalisé en partenariat avec cette grand dame de fer de 300m. À voir et à revoir sur Viméo. Thierry Coduys, ensuite nous a présente le projet Walden Memories : expérimentation des géométries variables au théâtre mais aussi dans des univers virtuels. Sa problématique principale : les liens entre la langue, les conversations et la technique.
Les mathématiques peuvent être poétiques
Nous avons, enfin clôturé la soirée avec Cédric Villani, médaille Fields en 2010 en mathématiques et passionné par la vulgarisation de sa matière. Au creux de son récit, une aventure, celle de rendre les mathématiques poétiques. Pour lui, les mathématiques sont un moyen unique d’explorer, de comprendre, de voir, de comprendre l’infiniment petit et l’infiniment grand. C’est, par exemple, par l’expérience conjointe d’un pendule qui bat à Cayenne et à paris que l’on a d’abord découvert que la Terre n’était pas exactement ronde. Les mathématiques mettent de l’ordre dans le chaos. Pour M. Villani, les mathématiques sont à mille points comparables au design, car ce sont des matières pour lesquelles la valeur artistique compte autant que la valeur utilitaire. Il nous a, ainsi parlé, de la beauté de certaines équations. Aussi, a-t-on appris que , si deux avions parlent d’un pôle, pour aller vers l’autre. Ils s’écartent puis se rejoignent. C’est une courbure négative et ce sont les mathématiques qui permettent de le comprendre. Aussi, c’est notre époque qui nous renseigne sur l’utilité des mathématiques, puisque le bâtiment de la fondation Vuitton à Paris, inauguré cette semaine, est une prouesse impossible sans une précision mathématique. C’est sa passion qu’il a réussi à nous faire transparaître, en injectant de la poésie et des références littéraires, à chaque étape de son discours.
Retrouvez le storify et le sharypic de la soirée :
