Retour sur la soirée *di*/zaïn 14 « Vue(s) »

Actu14 avril 2014

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À l’occasion de l’exposition consacrée à Bill Viola, designers interactifs et Grand Palais RMN ont présenté samedi 12 avril une soirée *di*/zaïn spéciale hors les murs consacrée à la création vidéo. Bill Viola, par son œuvre et sa capacité à nous questionner sur le temps et l’espace via son travail artistique nous invite à réfléchir sur la vidéo, comme captation du réel. Au travers de 6 présentations, la soirée a été un moment particulier d’échange et de découvertes. Surprenants et variés, les intervenants sont venus nous présenter leur façon d’imaginer et de penser la vidéo permise par les outils numériques.


La création vidéo comme facteur de lien social

Notre première invitée, Ariane Rousselier est venue nous présenter le travail qu’elle réalise autour de l’exposition « L’Usine de Films Amateurs » de Michel Gondry. Cette structure, d’une forme inédite, est itinérante: elle devrait voir le jour en septembre 2014 à Tokyo, puis en 2015 à Berlin, Lille, Pékin et New-York. Une Usine permanente ouvrira ses portes à Aubervilliers en 2016 et ce, gratuitement. Elle sera construite dans un espace de 1 500 mètres carrés dans lesquels on y trouvera de nombreux décors préconçus. Il s’agit ainsi par exemple de chambres à coucher, de cuisines, l’intérieur d’un train ou encore d’une voiture mais également des décors naturels de rues, etc. « C’est comme un parc d’amusement, les gens pourront venir faire des films, faire émerger leur créativité. », précise Michel Gondry. Le réalisateur des clips pour Bjork ou Daft Punk voit ici la vidéo comme un facteur fort créateur de lien social permis par la rencontre inopinée de personnes autour du projet.

Un changement de paradigme dans la création audio-visuelle

Benoît Labourdette, producteur et réalisateur est ensuite venu nous parler d’un festival qu’il a créé : le Festival Pocket Films en partenariat avec le forum des images à Paris. Le raisonnement de M. Labourdette sur le sujet a permis de soulever différentes questions, et notamment sur le rôle de l’outil numérique. En tant qu’outil, il est, par essence modifiable par l’humain. Ainsi, « C’est l’usage des technologies qui compte et non l’objectif initial fixé par les ingénieurs. Exemple : les SMS. » Son second constat est simple : l’économie de Google est désormais bien plus importante que celle du cinéma. Cela met en avant un changement de paradigme important du professionnel vers l’amateur en matière de création audio-visuelle. Ce changement est avant tout permis par le numérique, qui a démocratisé l’accès aux outils de captation.

Quelle place pour l’éphémère et le permanent dans la création vidéo ?

Ce fut ensuite au tour de Pascal Valty et Simon d’Hénin, tous les deux designers indépendants. Leur projet a été réalisé avec des étudiants de l’ENSCI. Ces derniers ont été, en effet, amenés au cours d’une journée à créer des mashup à partir de vidéos tombées dans le domaine public. Le but était de faire revivre ce patrimoine et de montrer qu’ils continuent d’être une matière exploitable. Ils ont aussi présenté la première imprimante 3D pouvant tatouer à même la peau. Ensuite, Marie-Laure Cazin a présenté un projet inédit en France. Il s’agit d’un nouveau concept de « cinéma émotif ». Celui-ci est simple : elle veut permettre aux émotions de chacun de décider du scénario du film grâce à un casque interactif analysant ces dernières directement dans le cerveau des personnes concernées. Mis en place de façon expérimentale dans certains cinémas, le concept a vocation à inventer une nouvelle forme de consommer cinéma, moins passive.

Montrer la destruction et l’invisible

Nos derniers invités ont axé leur réflexion autour de scènes inédites, imaginées comme des métaphores de la réalité en mettant en lumière la destruction et l’invisible. Les deux premiers d’entre eux, David Tajchman et Benjamin Seroussi ont travaillé autour du corps comme capacité et de sa capacité intrinsèquement créative. Un des projets présentés ayant retenu le plus l’attention du public aura été celui dans lequel ils filment la destruction de constructions en bois disposés autour de corps droits. Rapidement, ces derniers se meuvent et viennent détruire lentement ces châteaux de bois qui s’affaissent de façon décomposée autour d’eux. Enfin, Jacques Perconte nous a invité à découvrir ce qui se cache derrière l’image. Ce qui l’intéresse, en effet, c’est « le rapport entre ce qui est filmé et sa matérialisation mathématique en image. » C’est à l’occasion de sa collaboration avec Leos Carax pour le film Holy Motor qu’il a pu explorer le potentiel créatif du dessous de l’image. Il a notamment travaillé sur la fameuse scène filmée au Père Lachaise, dans laquelle il décompose le réel pour aller jusqu’au pixel, pour le faire glisser et découvrir l’envers du décor, pour montrer ce que l’on ne voit pas au premier abord.

Retrouvez les photos de Rémy Deluze et du public sur SharyPic

Pour revivre la soirée comme si vous y étiez, vous pouvez retrouvez le storify ainsi que la carte bluenod ci-dessous.

La prochaine soirée *di*/zaïn aura lieu à la Gaité Lyrique le mardi 13 mai, autour du thème du « Mouvement ».

Photo : © Benjamin Serroussi – Kaplinski – www.vimeo.com/75112608