Retour sur la soirée *di*/zaïn 11 « Technologies Créatives »
Actu – 22 janvier 2014
RSSHier soir, vous étiez nombreux sur le plateau média de la Gaité Lyrique ainsi que sur le live pour la onzième édition de *di*/zaïn, consacrée aux technologies créatives. Ces dernières années ont vu l’effacement progressif des frontières entre les différents métiers du numérique et cela a donné lieu à un nouveau territoire pour penser et faire le design numérique. Celui-ci intègre de nouveaux usages, des expérimentations novatrices qui vont au-delà des points de contact traditionnels que sont les sites web et les applications pour smartphone.
Design sonore, graphisme et expériences poly-sensoriels
Murmur a été le premier projet de la soirée et nous a interrogés sur les liens qui existent entre le son et le design. Le projet nous a été présentés par Stéphane Buellet, designer d’interaction et Julien Gachadoat, codeur et designer interactif. Murmur, ce sont des expériences concrètes dans lesquelles le public est amené à intervenir sur l’exposition en soufflant, touchant et se déplaçant dans l’espace. En faisant cela, le spectateur devient acteur. Le son de sa voix peut ainsi venir éclairer la pièce grâce à la programmation et à un soupçon de magie. L’interface se nourrit du lieu et des personnes présentes le jour précis de l’exposition. De l’interactivité du public, il a également été question pour le second projet présenté par Bonjour Lab, le laboratoire de recherche et de création d’expériences interactives. Renommé « passages », il s’agit d’un long couloir composé d’un scanner qui vient figer notre empreinte digitale de façon visuelle et sonore. Dans ces deux projets, la question de savoir si l’œuvre est l’installation ou l’image produite par les visiteurs se pose.
« Creative Technologist, c’est un métier qui est un peu difficile à expliquer à sa mère »
Notre 3e intervenant vient de l’agence We Are Social, une agence de conversation et d’innovation. Lui, est créative technologist senior pour cette agence, il s’agit de Stéphane Maguet. Quand il parle de son métier, il ironise sur le fait que ce ne soit pas un métier simple à expliquer à sa mère. Il estime qu’ils sont actuellement une trentaine en France et qu’ils essaient de se regrouper et de proposer des formations adaptées au métier. Selon lui, le métier regroupe plusieurs expertises : techniques, créatives, UX ainsi que la capacité à inventer des histoires, inventer des façons de designer un objet, un évènement. C’est la créativité qui vient ici servir les enjeux technologiques et les deux doivent trouver un équilibre.
« Technologie Créative », 25 400 occurrences sur Google
C’est avec cette affirmation que Geoffrey Dorme a débuté sa chronique mensuelle consacrée à l’actualité du secteur. Le terme est donc à la limite de l’inexistence pour le célèbre moteur de recherche. Et si, ce néologisme n’existait pas ? Une technologie peut-elle être vraiment créative ? La réponse serait , selon lui, à chercher du côté du détournement créatif des outils industriels, avec différents exemples de technologies au service de l’humain et de sa représentation de l’art (un tatouage interactif, un bijou connecté, …). Il est rappelé la nécessite de savoir coder, de savoir rendre réel le produit de nos imaginations parfois débridées.
De l’usage architectural du design : la scénographie
Avec l’agence Projectiles, représentée par Reza Azard et Hervé Bouttet, il a été question de l’architecture dans sa dimension poétique et imaginaire. Ils nous ont interrogés sur notre rapport à l’espace, sur notre capacité d’adaptation à de nouvelles sources de création et d’agencement de l’espace dans les musées et centres culturels. Ils se sont focalisés sur la question de la technologie intégrée à l’espace. Ainsi, à la cité des sciences, et via la création d’une hyper trame, le duo a mis en place des dispositifs pour que le visiteur se retrouve à la fois joueur et partie prenante d’un grand jeu vidéo dès qu’il passe le seuil de l’exposition. De nombreux autres projets ont été réalisés dans différentes instances culturels françaises et mondiales telles que le château de Versailles, les Beaux-Arts de Montréal ou encore à la cité de l’Architecture.
« Le pixel, c’est de la poésie. Quand on regarde un paysage, il est question de résolution »
Le dernier intervenant de la soirée est revenu sur son travail d’artiste et de création numérique. Les œuvres de Bertrand Planes empruntent ainsi les technologies afin de créer des œuvres à vocation sociale. La notion de pixel semble guider son travail, par sa capacité à délivrer un message à faire montre d’une idée. Le cloisonnement qu’obligent ces pixels est à la base de toute création numérique, et notre intervenant le met donc au centre de sa réflexion. Inspiré de l’ordinateur, il a également créé un mécanisme d’horloge chinois, mixé avec un composant qui ralentit l’horloge et qui est numéroté de 0 à 84 ans afin de nous donner une idée de l’échelle de nos vies.
Le mot de la fin de cette soirée est revenu à Stéphane Maguet, qui a souligné l’importance pour les designers de veiller à ne pas digitaliser toute la réalité, et de continuer à laisser un bouton « off » sur tous les objets qu’ils créent.
Retrouvez les photos de Rémy Deluze et du public sur SharyPic.
Et aussi le storify et la carte bluenod de la soirée.
La prochaine soirée *di*/zaïn aura lieu le 11 février, sur le thème de l’enchantement.
Pour présenter votre projet, contactez Benoît [email protected] ou Marina [email protected].
