*di*/zaïn 19 : trois questions à Lina Ghotmeh, architecte et fondatrice de DGT
Actu – 2 décembre 2014
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Depuis 2006, Architecte et fondatrice associée de DGT (Dorell.Ghotmeh.Tane/Architects), une agence établie à Paris avec une antenne au Japon et pratiquant l’architecture au sens large de la discipline.
Lauréate du prix NAJAP 2007-08′, décerné par le Ministère français de la Culture et de la Communication, du Prix de la ‘Ressegna Lombardia di Archittettura 2008′, du Red Dot Award et sélectionnée comme l’une des « 10 architectes visionnaires pour une nouvelle
décennie »en 2010. Depuis 2008, Lina est professeur associée et enseignante en architecture à l’Ecole Spéciale d’Architecture. En parallèle, elle mène des workshops entre Art et Architecture et a été conférencière dans diverses institutions comme la Royal Academy of Arts à Londres ou la Columbia University à New York.
1. Qui êtes-vous ?
Je suis architecte et fondatrice de DGT, une agence d’architecture née à Paris à la suite de mon association avec deux architectes : Dan Dorell et Tsuyoshi Tane. Après un parcours entre Beyrouth, Paris et Londres et une collaboration avec les Ateliers Jean Nouvel, j’ai commencé l’aventure de mon agence afin de concrétiser le projet du Musée National Estonien, concours international que j’ai remporté avec mes deux associés en 2006. Aujourd’hui, nous croisons nos parcours multiculturels et nos expériences passées afin de créer ensemble des architectures à la fois impactantes et d’une fine sensibilité. Des projets qui nous ramènent à voyager entre l’Europe, la Méditerranée et le Japon.
Passionnée par l’histoire, l’art, la matière et tout ce qui nous émeut ou sollicite nos sens pour nous plonger dans l’immédiateté d’une expérience physique, je privilégie la conception par la recherche. Pour chaque projet, nous nous transformons en ‘archéologues’ en quête de traces physiques, d’histoires, d’origines enfouies dans la profonde généalogie de toute architecture.
En résulte pour toute création, une ambigüité qui sollicite nos mémoires et nous plonge dans un doux vertige entre inconnu et déjà-là. L’architecture se transforme ainsi en un corps ‘vivant’, un ‘apparatus’ doté de mémoire qui permet, non seulement de matérialiser les diverses dynamiques qui l’entourent mais aussi de les remettre en question pour proposer de nouvelles façons de percevoir et de ‘vivre’.
Mur d’évolution > chaque projet est une fouille spatialisée sur un de nos murs, les mains y interviennent et font évoluer la sémantique de chaque projet. Telle une sélection naturelle, les concepts les plus pertinents persistent et constituent l’architecture par la suite.
2. Comment avez-vous eu l’idée du projet que vous présentez à *di*/zaïn ?
A la croisée des cultures, fabriquer l’architecture par la recherche, privilégier le « processus » de conception, de fabrication, animer l’invisible, ces méthodes nous permettent de travailler l’architecture sous toutes ses formes : Architectures, Installations, Scénographies.
Après avoir mis en scène plusieurs pièces de danses contemporaines et expositions comme celle pour le créateur de textiles Jun-ichi Arai, nous avons eu aujourd’hui le grand plaisir de mettre en scène l’exposition Hokusai.
Profondément inspirés par la vie et les oeuvres du grand artiste japonais Hokusai aussi renommé Gakyō Rōjin Manji – « Manji, le Vieil Homme fou de peinture », nous avons littéralement plongé pendant près d’un an dans le monde de cet artiste de la fin du 18 ème
siècle. La scénographie de l’exposition est alors intimement liée à ses phases de vie, soulignant les 7 périodes artistiques majeures qu’il a traversés. L’ambiance colorimétrique reflète la période d’Edo et s’attache à faire l’éloge d’une ombre ‘contrastée’ permettant même une ‘mise en abîme’ contemporaine des Hokusai Mangas : une animation pleine d’humour sur le palier de l’exposition.
3. Qu’allez-vous faire après la soirée ?
Dans les deux mois qui viennent, à part mener les nouveaux projets en perspective à l’agence, je vais continuer à braver le froid estonien pour suivre le chantier du musée dont l’ouverture est prévue pour 2016 ! Puis, direction la méditerranée pour les premiers prototypes de façade de béton pigmenté pour notre projet à Beyrouth.
‘Light is time’ installation pour Citizen a la triennale + la spirale de tokyo
+ En savoir plus sur www.dgtarchitects.com
