3 questions à Edoardo Cecchin, graphiste et invité de *di*/zaïn #17
Actu – 9 octobre 2014
RSSÀ l’occasion de la soirée *di*/zaïn #17 : Exploration(s), qui aura lieu le mardi 21 octobre 2014 sur le plateau média de la Gaîté Lyrique, *designers interactifs* a invité Edoardo Cecchin. Il présentera un film d’animation destiné au nouveau parcours muséographique du 1er étage de la Tour Eiffel.
Edoardo Cecchin, qui êtes-vous ?
Diplômé en 1998 de l’école cantonale de Lugano, en Suisse, j’ai débuté à Milan, puis j’ai poursuivi mon expérience à Londres.
En 2002, ie me suis installé à Paris et j’ai démarré une prolifique collaboration avec l’atelier LM communiquer.
J’aime pratiquer tous les supports et plein de styles : de l’objet imprimé à l’espace physique (signalétique, scénographie), avec une nette prédilection pour le design d’interface et l’animation. Le dénominateur commun de ma pratique est l’enthousiasme de comprendre et de faire comprendre, de tisser le lien entre signes et sens.
Depuis 2012 je réalise des films d’animation, souvent avec la complicité de Marie Cuisset comme scénariste.
Parmi les nombreux projets réalisés en 15 ans de pratique, certains ont marqué mon expérience :
- en 2012, le film d’animation qui raconte en 3 minutes l’histoire du territoire de La Défense, pour le public de la Biennale d’architecture de Rotterdam ;
- en 2013, au musée Guimet, la scénographie et la réalisation d’une installation vidéo qui mêle des interventions graphiques avec des extraits filmés de fouilles archéologiques effectuées près de Angkor par l’Inrap.
- en 2014, un film d’animation de 10’ sur la construction et les ascenseurs de la Tour Eiffel. Conçu pour 3 écrans verticaux de 2 m, cette installation fait partie de la nouvelle scénographie permanente au 1er étage de la Tour.
Comment avez-vous eu l’idée du projet que vous présentez à *di*/zaïn ?
La société de production La Méduse m’à proposé de faire partie de leur « pool » de réalisateurs pour répondre à un appel d’offre : plusieurs films devaient être conçus pour le nouveau parcours muséographique du 1er étage de la Tour Eiffel, alors en travaux.
Ma mission était de raconter la construction et le fonctionnement des ascenseurs. Pour le lot qui me concernait, le cahier des charges préconisait deux films d’animation confiés à un « dessinateur ». En consultant les références iconographiques listés par la muséographie j’ai découvert le livre commandité par Gustave Eiffel en 1900 : La Tour de 300 m. Je ne le connaissais pas. Ce livre a parlé à mon cœur de graphiste et de communicant ! Quelle qualité graphique, quel effort de transmission ! C’était une évidence : c’est cette matière qui devait être la vedette.
Le trait simplificateur et stylisé d’une animation crayonnée, voire un peu tremblée, aurait été un lourd contresens. J’en ai discuté avec la productrice Anne Jaffrennou et la scénariste Marie Cuisset… on était tous d’accord : il fallait transgresser le brief !
Le point de départ à été de chercher des solutions pour expliciter le trésor graphique produit par les ingénieurs et dessinateurs de Eiffel sans l’appauvrir. Il ne s’agissait pas de le masquer par notre intervention, mais au contraire de le rehausser par le travail d’animation.
Nous avons poussé cette idée dans l’offre du concours que nous avons par la suite remporté en avril 2014.
Qu’allez-vous faire après la soirée ?
Le projet de la Tour Eiffel a été très intense. Il a monopolisé mon temps et ma pensée jusqu’à a en rêver la nuit pendant 4 mois. Le 1er étage renouvelé à été inauguré le 6 octobre. Mon installation vit maintenant sa vie à 54 m du sol où il sera diffusé tous les jours pendant les années à venir… j’ai eu un peu de baby-blues !
Mais mon esprit est tourné vers de nouveau projets d’animation. Je regarde autour de moi et je vois plein de talents, c’est très stimulant. Ça donne envie d’essayer d’autres écritures, d’autres techniques, d’autres façons de raconter une histoire… même si cela signifie prendre des risques. Pour paraphraser Stefan Sagmeister dans son « Happy Film » : faire toujours la même chose, c’est l’ennui ; aller sur des terrains inconnus, c’est avoir peur que le résultat ne soit pas à la hauteur.
Mais on dit aussi que « Chercher, c’est déjà trouver… ».
